Programme 2025-2026
Toutes les conférences se déroulent au Forum E sur le campus de la Plaine, commencent à 10h00 et durent environ 1h30 (questions incluses).
A venir :
- 7 février 2026 : Vinciane Debaille (ULB), Missions de collectes de météorites en Antarctique.
- 14 mars 2026 : Corentin Caudron (ULB), Les dangers volcaniques en Europe et en Belgique.
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Passés :
- 11 octobre 2025 : Ivan Nourdin (Université du Luxembourg) - affiche
L’intelligence artificielle décryptée : entre illusions et réalités.
Résumé. En quelques années, l’intelligence artificielle est passée d’un objet technique réservé aux spécialistes à un outil grand public devenu omniprésent. Mais derrière les promesses et l’engouement médiatique, que peut réellement accomplir l’IA ? Est-elle vraiment « intelligente » et « artificielle », comme son nom le suggère ? Cet exposé propose un voyage au cœur de cette technologie révolutionnaire, entre illusions et réalités. Nous explorerons ses fondements scientifiques, ses limites et ses impacts multiples sur la société. À travers exemples concrets et expériences interactives, nous tenterons de décrypter les forces et les fragilités de l’IA actuelle, sans céder ni à l’enthousiasme naïf ni au catastrophisme. - 15 novembre 2025 : Gérard Berry (Collège de France) - affiche
Le temps vu autrement : perception, mesure, distribution et informatique.
Résumé. Cet exposé présentera plusieurs aspects complémentaires du temps usuel, traités plus en profondeur dans le livre du même nom, et très différents de ce qu’en disent les physiciens : sa perception, sa langue, sa mesure, sa diffusion et ses impacts sur l’informatique. Il n’abordera pas d’autres aspects décrits dans le livre, comme les ondes omniprésentes, ou, sur un registre plus humoristique, mes récentes avancées pataphysiques ayant conduit entre autres à une solution simple du problème de la matière noire et à une approche nouvelle du manque de temps.
Autrefois, la notion d’heure, très élastique, relevait surtout des religions qui cadencaient les prières. La pendule mécanique régulière date de 1283, mais manquait de précision. Savoir l’heure exacte en mer pour se situer fut le grand problème scientifique depuis Galilée, résolu par l’anglais John Harrison malgré les obstacles des astronomes royaux, permettant ainsi aux Anglais de dominer les mers et le monde. Au XXᵉ siècle apparurent les montres à quartz, puis les horloges atomiques et optiques, d’une précision phénoménale. Mais connaître l’heure ne suffit pas : il faut aussi la normaliser et la diffuser, problème crucial depuis l’arrivée des trains, avec souvent des épisodes cocasses. La normalisation ne date que des années 1920, et les définitions modernes du temps atomique (TAI) et du temps universel coordonné (UTC) des années 1970. Pour la distribution, le GPS domine aujourd’hui, mais reste extrêmement vulnérable — un danger majeur, largement ignoré du public et des gouvernements occidentaux.
En informatique, le temps se divise en trois domaines très différents : la séquentielle classique, où le temps de calcul n’est qu’un impôt à payer ; la parallèle asynchrone (sans temps), celle d’Internet et du cloud computing, où il est source de bugs ; enfin, la synchrone, celle des processus « temps réel » pour les avions, les voitures et toutes sortes de machines, où les solutions sont issues des recherches fondamentales de trois laboratoires français, dont le mien, et connaissent aujourd’hui un grand succès industriel. - 29 novembre 2025 : Christophe Snoeck (VUB) - affiche
On devient ce que l’on mange : reconstruire la vie humaine dans la préhistoire grâce à la géochimie.
Résumé. En 1825, Jean Anthelme Brillat-Savarin écrivit “Dis-moi ce que tu manges, je te dirai ce que tu es”. Déjà en 1825, il était clair que l'alimentation formait une partie essentielle de notre identité. Au fil du temps, les habitudes alimentaires ont évolué, se sont adaptées et ont été ajustées aux besoins ou aux préférences de nos ancêtres. L'accès à certaines ressources ou le choix de ne pas en consommer d’autres a joué un rôle majeur dans le développement de sociétés et civilisations. Les documents historiques ont énormément contribué à l'étude de l'alimentation et de la mobilité dans les sociétés passées. Cependant, d'autres méthodes sont nécessaires pour mieux comprendre les préférences alimentaires individuelles et collectives, ainsi que l’origine géographique de cette alimentations. Ceci est d’autant plus important pour la Préhistoire, période pour laquelle nous n’avons pas de sources écrites. La géochimie isotopique a, au cours des 50 dernières années, apporté de nouvelles informations cruciales sur les régimes alimentaires et la mobilité de nos ancêtres. Cette présentation retrace l’apport de la géochimie isotopique à l’étude de la vie humaine dans la préhistoire en Europe, de la Grèce à l’Espagne, en passant par Stonehenge. - 6 décembre 2025 : Benoit Famaey (Strasbourg) - affiche
Lumières récentes sur le secteur sombre de l'Univers : où en sommes-nous ?
Résumé. Le modèle standard actuel de la cosmologie suppose que la majorité de la matière dans l’Univers est sous une forme inconnue, appelée matière noire. Cette matière noire permettrait notamment d’expliquer la rotation des galaxies, le lentillage gravitationnel des amas de galaxies et l’aspect du fond diffus cosmologique, la lumière la plus ancienne de l’Univers. En outre, pour expliquer l'accélération de l'expansion de l'Univers et rendre compte de son contenu énergétique total, il nous faut aussi ajouter une forme d'énergie noire, qui ne se dilue pas dans l'expansion. Mais tout ce secteur sombre de l'Univers est-il vraiment ce que l'on pense qu'il est ? Je reviendrai d'abord sur l’histoire de ce(s) concept(s) et les implications pour la cosmologie ainsi que pour la formation et l’evolution des galaxies, avant de faire le point sur les multiples interrogations qui subsistent, sur les limites du modèle et sur les éventuelles alternatives.